Cette année, ouragans, inondations et séismes ont atteint un nombre record.
Jamais le monde n'avais subi autant de catastrophes naturelles que cette année et le réchauffement climatique oblige, les choses ne vont pas aller en s'améliorant, avertit le réassureur Munich Re dans son rapport annuel sur le sujet.
Le nombre de catastrophes a frôlé le millier, soi un total de 950 exactement, du jamais vu dans les annales du groupe d'assurance allemand qui répertorie ces événements de façon systématique depuis 1974. Parmi elles, aucune n'a toutefois atteint l'ampleur des ouragans qui avaient frappé les Etats-Unis et le Golfe du Mexique en 2005 ou celle du tsunami dans l'Océan Indien en 2004.
Le coût financier des catastrophes naturelles a atteint 75 milliards de dollars, dont 30 milliards à la charge du secteur de l'assurance. Soit une nette hausse par rapport à 2006, ou les dégâts totaux s'étaient élevés à 50 milliards, donc 15 milliards pour les groupes d'assurance. Mais l'an dernier avait été particulièrement clément, après deux années noires marquées par des destructions record. Le nombre de morts s'inscrit en revanche en recul cette année, avec environ 15000 personnes, soit 5000 de moins. Une fois de plus, ce sont les pays pauvres et en développement qui ont payé le plus lourd tribut. Particulièrement en Asie, ou plus de 11000 personnes sont décédées et ou la Chine, l'Inde et le Bangladesh ont été touchés par des inondations.
Le coût du risque.
La tempête Kyrill, qui avait frappé le nord de l'Europe en janvier et les inondations en Grande-Bretagne de l'été font partie des cataclysmes les plus coûteux. Kyrill a provoqué pour 10 milliards de dollars de dommages, dont 5,8 milliards à la charge des assureurs. Seul le séisme qui a frappé le japon en juillet a coûté encore plus, 12,5 milliards. Résultat, les assurés doivent se préparer à mètre la main à la poche. Même si les sociétés d'assurance s'adaptent aux évolutions causées par le changement climatique. Car les choses ne vont pas aller en s'améliorant, les effets du changement climatique se font déjà sentir et il faudra compter à l'avenir avec plus d'événements climatique extrêmes. 2007 a d'ailleurs compté parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées.
Info EST REPUBLICAIN.
Depuis le début de l'été, pas un jour ou presque ne connaît son lot de catastrophes naturelles et les journaux titrent : « quand la météo devient folle » ou encore « en Asie, la pire mousson de mémoire d'hommes ». Qu'en est-il exactement ? Pour pouvoir en juger, voici un petit résumé chronologique des catastrophes climatiques de cet été : Les pays d'Asie sont habitués à la mousson, mais celle de cette année fut exceptionnelle et particulièrement meurtrière : elle provoqua le décès de 2200 personnes dont 1500 en Inde, 226 au Bangladesh, 222 au Pakistan et 92 au Népal et sinistre 30 millions de personnes. Ces décès furent consécutifs aux noyades et aux piqûres de serpents et s'alourdira probablement avec les épidémies de diarrhées et de choléra qui commencent. Le bilan matériel fut également conséquent avec 132 000 maisons détruites et ½ millions de maisons endommagées.
• En juin et juillet 07, les inondations du sud et de l'est de la Chine tuèrent plus de 500 personnes.
• Passé quasiment inaperçu des médias, le cyclone Gonu traversa le Golfe persique en Juin dernier avec des vents à 150 km/h, provoquant la mort d'au moins 50 personnes dans le sultanat d'Oman.
• La Grande-Bretagne enregistra en juin et juillet 07 des inondations record suite à des pluies diluviennes, jamais enregistrées depuis 1776. 4 personnes décédèrent et 30 000 foyers furent inondés.
• À l'inverse, mi-juillet, des températures caniculaires s'abattirent sur le sud et l'est de l'Europe à l'origine de 500 décès en Hongrie, une trentaine en Roumanie et en Italie ainsi que de nombreux incendies. Le record de chaleur fut pulvérisé avec 41,9 °C à Kiskunhalas, situé à 130 km au sud de Budapest.
• En Amérique latine, ce ne sont pas des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays mais de la neige : ainsi, le 10 Juillet, il neigeât à Buenos Aires (Argentine) ainsi qu'à Santiago du Chili, ce qui n'avait pas été enregistré depuis plus de 80 ans. D'une manière générale, l'ensemble de l'Amérique latine connut un hiver très rude.
• Fin juillet, des torrents de boue et des glissements de terrain consécutifs à des semaines de pluie en continu provoquèrent le décès de 58 personnes dans l'île Indonésienne des Célèbes.
• Entre le 7 et 12 août, suite à des inondations provoquées par des pluies diluviennes en Corée du Nord, on déplora le décès de plus de 220 personnes, 80 personnes disparues et 300 000 personnes sans abri. La Corée du Nord n'avait pas connu tel désastre depuis plus de 40 ans. Outre le bilan humain, les récoltes (riz et blé) furent saccagées ainsi que de nombreuses infrastructures routières.
• Le 16 août 07, un tremblement de terre se produisit au Mexique. Pisco, ville de 130 000 habitants située à 240 km au sud de Lima, fut détruite à 70% et détint le triste record en pertes humaines. Le bilan humain fit état de 540 morts, un millier de blessées et 176 000 personnes sinistrées. Plus de 35 000 habitations furent détruites par ce tremblement de terre ainsi que de nombreuses infrastructures.
• Quelques jours avant l'ouragan Dean, le 19 août 07, la tempête tropicale Erin s'abattit aux Etats-Unis, provoquant la mort d'au moins 23 personnes dans les Etats du Minnesota, du Texas, de l'Oklahoma, de l'Ohio et du Wiscontin. Simultanément, une vague de chaleur dans les Etats de Tennessee, Georgie et Alabama fut responsable d'au moins 25 décès.
• Du 16 au 23 Août 07, l'ouragan Dean -parti du Cap-Vert- traversa la mer des Caraïbes, après être passé en Martinique, Sainte-Lucie, Guadeloupe, République dominicaine, Haïti, Jamaïque...pour terminer sa course dans le golfe du Mexique. Ses vents atteignirent jusqu'à 215 km/h. Le bilan économique est accablant : la totalité de la production de bananes et de cannes à sucre a été dévastée en Martinique et 80% de celle en Guadeloupe. Le bilan humain fait état de 35 morts (dont 10 au Mexique), 4 disparus et 21 blessés.
Que se passe t-il donc ? Le climat de notre planète s'est-il emballé ? On pourrait le penser lorsqu'on constate toutes les catastrophes de cet été… Si le GIEC (Groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat) prédit que la température de la Terre s'élèvera de 3°C en moyenne d'ici 2010 dans le monde, ils hésitent cependant à établir un lien entre ces catastrophes naturelles et le réchauffement de la planète. A voir… Il est vrai aussi que l'augmentation du nombre d'évènements et de personnes affectées par les catastrophes n'est pas récente (mais s'accèlère) et pourrait aussi s'expliquer par la démographie mondiale et l'urbanisation galopantes. Ainsi, de 2000 à 2005, par an, près de 300 millions de personnes ont été affectées par les catastrophes naturelles et près de 78 000 y ont trouvé la mort (CRED -Centre for Research on the Epidemiology of Disaster- 01/2007). Quoi qu'il en soit, les changements climatiques représentent l'un des thèmes de préoccupation majeure pour le monde scientifique et politique de ce début du XXIe siècle. Ils ont compris que l'ampleur et la rapidité de ces changements de climat auraient des conséquences économiques et environnementales qui pourraient se chiffrer en milliard de dollars. Et c'est sans compter les pertes humaines, inchiffrables…
FG |