Les scientifiques montrent leurs inquiétudes sur le Groënland
De nombreux spécialistes du climat n'auraient pas suffisamment pris en compte les forces motrices des tendances du réchauffement climatique, notamment les interactions entre l'épaisseur de la glace marine et la température de l'eau.
La glace du Groënland et de l'Arctique semble fondre plus rapidement que ce qu'ont prévu la plupart des experts du changement climatique, selon un rapport de l'organisation mondiale de protection de la nature WWF publié jeudi.
"La calotte glaciaire du Groënland, dont le volume atteint environ 2,9 millions de kilomètres cubes, rétrécit à un rythme rapide et pourrait contribuer davantage que ce qu'on estimait précédemment à la montée du niveau des mers au XXIe siècle", note WWF.
L'organisation indique aussi que le réchauffement de l'Arctique a réduit à la fois l'étendue et l'épaisseur des glaces marines de cette région septentrionale, ce qui les rend plus vulnérables au dégel estival. L'accélération récente de la fonte des glaces marines n'est pas intégrée à la plupart des modèles, note l'organisation dans son étude qui passe en revue les recherches sur le réchauffement mondial depuis 2005, dont les documents publiés l'an dernier par le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Source Reuters
A savoir de nouveaux que l'année 2007 a était une année catastrophique où tous les records de fonte ont été battus, à tel point que tous les scientifiques se demandent s'il n'y a pas un phénomène d'emballement non prévu par les modèles : « C'est un peu tôt pour le dire car on ne peut pas se reposer sur la seule année 2007 pour discuter des 10 à 15 années suivantes. Mais on ne peut pas dire non plus « On ne s'y attendait pas ! », non on ne peut plus dire ca ! L'eau de fonte du Groenland se déverse dans l'océan atlantique et commence à modifier ses propriétés. Même si aujourd'hui l'augmentation des précipitations en Atlantique Nord est le phénomène qui prime, une accélération de la fonte du Groenland est un point très important. Ce qui est sûr c'est que le transport de chaleur par les courants marins va être malmené par les tonnes d'eau douce supplémentaires qui se déversent de plus en plus dans l'océan ».Cette hypothèse du ralentissement de la circulation océanique est prise très au sérieux par les scientifiques. Et concrètement voilà ce que cela donnerait : à parler du fameux Gulf Stream. Le Gulf Stream fait partie des courants marins qui répartissent la chaleur autour du globe, tout comme l'atmosphère. D'après des calculs, les courants océaniques relâchent à nos latitudes en hiver une bonne partie de la chaleur emmagasinée sous les tropiques. Voilà pourquoi nos hivers sont doux. Va-t-on pour autant vers un renversement de cette situation ? « Il ne faut pas y compter : si un ralentissement de la circulation atlantique a lieu, cela ne se traduira que par une atténuation du réchauffement climatique en Europe, et seulement en hiver. Par contre l'océan atlantique pompera moins le dioxyde de carbone émis par l'homme. Et celui-ci se restera en plus grandes quantités dans l'atmosphère ». Alors gare aux risques d'emballement de la machine climatique….